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Sara Shin, Designer freelance

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Jordan Thévenot

Dernière mise à jour : 07 juillet 2026, 10:01

Bonjour Sara, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Sara Shin, j’ai passé mon enfance en Corée, j’ai fait mes études supérieures à Paris. Je suis diplômée d’architecture intérieure et de design à Penninghen. 

J’ai travaillé comme scénographe pour des décors télévisés, en tant que designer d’espace chez Ikea sur des projets d’ameublements pour les clients des magasins et d’aménagement des espaces collaborateurs. Depuis maintenant 5 ans je suis designer freelance.

 

Quelle formation as-tu suivi au Laptop ?

En 2020, j’ai commencé à vouloir me réorienter professionnellement en me tournant vers le Design d’interfaces numériques. Mon objectif est d’être capable d’accompagner mes clients de la conception d’espaces physiques aux interfaces numériques. Je me définis d’ailleurs comme Product & Interior Designer.

Après avoir échangé avec Carole Laimay, j’ai fait le choix de suivre le Parcours Product Design afin de me perfectionner en UX Design, de me former à l’UI Design le tout en travaillant sur un projet concret. Nous avons eu la chance de travailler sur un projet passionnant à savoir les Journées du Patrimoine. L’objectif était de prototyper un dispositif capable d’attirer et d’engager un public jeune.

 

En quoi cette formation a changé ta manière de travailler ?  

C’est d’abord les similitudes avec le processus de création en architecture intérieure commerciale qui m’ont attirées dans l’UX. Cependant, les enquêtes n’étaient pas aussi méthodiques dans le retail design telle que je l’ai exercé. Chez Ikea, nous faisions des visites d’appartements mais nous ne posions que très peu de questions.

Lors de la formation, j’ai beaucoup appris sur la User Research. De la conception de persona, aux entretiens avec les usagers (en évitant les biais cognitifs) en passant par l’organisation des tests utilisateurs. Quand je repense à mes précédentes missions, je me dis qu’avec de telles méthodes, nous aurions pu proposer des projets beaucoup plus adaptés aux besoins des utilisateurs.

Depuis la formation, quels sont tes projets en design ?

Suite à la formation, je me suis lancée en tant que designer freelance. Cela m’a permis de concilier vie professionnelle et mon déménagement en Bourgogne. 

J’ai été très touchée par la guerre en Ukraine et j’ai voulu m’investir. J’ai donc rejoint le projet Ukraine Global Taskforce lancé par Gustavo Iwagana, Product Manager chez Google. J’ai intégré un groupe de travail en tant qu’UX researcher. Malgré des conditions forcément difficiles, nous avons réussi à mener quelques entretiens. Nous avons travaillé sur un projet de messagerie pour venir en aide aux enfants ukrainiens en priorité et limiter les traumatismes dues à la situation géo-politique instable du pays. Ce fut un projet important à mes yeux et je suis ravie d’avoir pu y apporter ma contribution. Ce projet m‘a également permis d’apprendre à mener des entretiens dans des situations extrêmes.

 

Quelle à été ta première mission en tant que Product Designer freelance ?

Oui, en juillet 2022 j’ai travaillé avec l’équipe de Foodwize. C’était une startup ancrée à Rungis qui développe un service de restauration 4.0 pour les entreprises qui souhaitent proposer une alimentation saine et durable à leurs employés. En tant qu’UX designer, j’ai eu la chance de travailler avec une équipe internationale composée d’un Creative Director, d’un UX/UI designer senior, d’un Tech Lead, d’un Dev Ops et d’ingénieurs IOT. Le service comprenait une cantine physique connectée couplée à une application mobile. Une plateforme de gestion intelligente permet une autonomie quasi totale de la cantine, proposant des plats préparés par des restaurateurs locaux aux valeurs fortes.

Après quelques mois de travail, le projet a été suspendu par son inventeur.

 

As-tu réussi à trouver d’autres missions depuis ? 

Bien sûr, j’ai travaillé pour différentes entreprises, principalement pour des projets de refonte web.

Il y a deux ans, j’ai également rencontré une entrepreneuse qui travaillait depuis plusieurs années sur le développement d’un module applicatif pour les écoles Montessori privées. Son ambition est de créer un outil permettant de suivre le parcours des élèves de 3 à 12 ans tout en assurant une correspondance avec les compétences exigées par l’Éducation nationale et le Livret Scolaire Unique (LSU).

J’ai tout de suite réalisé l’importance de son projet et j’ai souhaité y participer. J’ai commencé par réaliser des entretiens utilisateurs avec des enseignantes pour auditer les besoins ce qui nous a permis de repenser les premières maquettes. Convaincus de l’importance du projet, j‘ai décidé d’orienter la cliente vers un nouveau partenaire, Aplim, éditeur majeur dans le milieu scolaire privé. Depuis décembre 2025, le développement est assuré par Aplim, tandis que j’accompagne la cliente et facilite la communication entre les développeurs, les experts Montessori et les utilisatrices. Le projet suit un développement progressif sur trois ans pour limiter les risques financiers, avec une version bêta prévue pour le 14 juillet. Les retours des utilisatrices sont très positifs, validant notre approche.

 

Comment envisages-tu les prochaines années à venir ?

J’apprécie énormément la dimension « conseil en entrepreneuriat » de mes dernières missions et j’aime créer des équipes projet avec les membres de mon réseau afin travailler avec des petites et moyennes entreprises. Même basée en Bourgogne, j’ai eu l’occasion de travailler sur des projets d’envergure nationale. 

Pour le moment un projet d’agence avec une amie est en cours de réflexion et je fais grandir mon réseau peu à peu grâce aux rencontres et au bouche-à-oreille.

 

Tu nous a parlé de ta passion pour le design d’espace, mais quelle est cette autre passion qui t’anime ?

Depuis mon déménagement, je profite également de mon jardin pour assouvir ma passion pour la botanique.

De saison en saison, je récolte des graines et des boutures, je les plante et je les observe minutieusement pour leur apporter ce dont elles ont besoin. Ce qui m’impressionne par-dessus tout, c’est que chaque plante a son propre fonctionnement pour développer ses caractéristiques spécifiques. J’aime également la dimension circulaire de cette activité. Les graines poussent, les plantes grandissent et lorsqu’elles meurent elles produisent de nouvelles graines et transforment le reste en compost qui serviront à recommencer le cycle. 

Tout cela est très inspirant pour mon activité de designer. Chaque plante à est unique et toute forme, couleur ou comportement se justifie par son rôle et sa fonction dans l’écosystème. On dit aussi que rien ne se perd mais tout se transforme. La nature est un parfait équilibre et nous, nous nous efforçons de créer cet équilibre parfait…

Pour plus d’informations sur Sara Shin : https://www.linkedin.com/in/sara-shin/

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