Dernière mise à jour : 16 octobre 2026, 05:33
Naviguer sur le marché du design en tant qu’indépendant en 2026 exige bien plus que d’excellentes compétences métier. Face à un marché en profonde transformation et une diminution des offres de missions, quelle posture adopter pour sécuriser et pérenniser son activité ?
C’est la question que nous nous sommes posé à l’occasion du dernier épisode des Design Bento Box en compagnie d’Emma Desgages (Designer & UX Researcher freelance), Laurent Barbat (Designer de services chez Omnicité et formateur au Laptop), Raphaël Yharrassarry (Lead UX Designer freelance depuis 26 ans) et Estelle Morin (Co-directrice d’Omnicité).
Voici un bref résumé des échanges. L’épisode dans son ensemble est à découvrir sur le Circle du Laptop.
Tout d’abord, peu importe à quel stade de votre carrière vous en êtes, vous avez forcément un réseau car celui-ci commence dès votre première expérience salariée, vos stages, ou même vos collaborations d’école.
Lorsqu’il s’est lancé en tant qu’auto-entrepreneur, Laurent s’est forcé à faire un exercice plutôt simple et qui s’est avéré stimulant et valorisant : lister une à une les personnes avec qui il avait déjà travaillé et avec qui il aurait du plaisir à retravailler. Raphaël complète d’ailleurs en disant qu’il ne faut pas hésiter à demander à ses connaissances si eux même ne connaissent pas quelqu’un avec qui vous pourriez travailler. Ensuite, si comme Emma vous êtes peu à l’aise avec les soirées networking, sautez le pas et organisez des déjeuners ou café en tête à tête ou en petit groupe.
Enfin, l’engagement associatif reste un formidable levier pour rencontrer de nouvelles personnes et étendre son réseau. Flupa, Hexagon UX, Designers éthiques, Product Tank, Speculative Futures, Friends of Figma … nombreuses sont les associations et collectifs existants. D’ailleurs, ils passent tous régulièrement au Laptop alors n’hésitez pas à venir les rencontrer lors d’événements dans nos locaux.
Raphaël Yharrassarry partage une formule qu’il a lui même éprouvé depuis plus de deux décennies pour déterminer son TJM plancher :
TJM = (Revenu net annuel souhaité × 1,7) ÷ Nombre de jours facturés par an
Le coefficient 1,7 couvre les cotisations sociales, les impôts, les assurances professionnelles, les outils et les frais d’exploitation.
Le dénominateur de 120 jours correspond à la réalité d’un indépendant : sur 365 jours, une fois déduits les week-ends, 5 semaines de congés, les jours fériés, les arrêts maladie potentiels, mais surtout le temps non facturable (prospection, gestion administrative, formation, avant-vente), une année pleine compte environ 120 à 140 jours facturables.
Si les participants recommandent de fixer votre TJM autour de 700 euros jours, cette formule à au moins le mérite de vous permettre de faire votre choix de manière éclairée.
Fixer son TJM reste un exercice compliqué, plusieurs paramètres peuvent être pris en compte comme votre niveau de séniorité, le type de mission (exécution ou stratégique), la durée de la mission, ou encore le plaisir que vous avez à travailler pour le client. Quoi qu’il en soit, ne vous laissez pas piéger par les prix bas affichés sur certaines plateformes comme Malt. Comme le précise Emma, mieux offrir une ou plusieurs journée de travail que baisser son TJM.
Faut-il consacrer trois mois à concevoir sa marque, un logo et un site web complexe avant de chercher son premier client ? La réponse unanime des intervenants est non. Les recruteurs et clients achètent une expertise concrète pour résoudre un problème business, pas une agence miniature.
Emma recommande d’envisager le portfolio non pas comme un document exhaustif de 100 slides (l’erreur classique qui s’avère illisible), mais comme un outil modulable restreint à 3 ou 5 études de cas directement en phase avec les enjeux du client. Apprendre à se positionner et montrer ses méthodes de travail est l’enjeu central. C’est d’ailleurs l’objet du workshop qu’elle animera au Laptop en novembre.
Dans un marché où les annonces attirent plus de 100 candidatures en quelques jours, le profil purement généraliste peine à se distinguer.
Développer des expertises pointues permet de faire pencher la balance lors des arbitrages finaux :
• L’accessibilité numérique et l’éco-conception : Deux compétences hautement recherchées sous l’effet des nouvelles réglementations européennes.
• L’articulation User Research et Data Quantitative : Savoir dialoguer avec les Product Managers et appuyer ses recommandations qualitatives par des métriques analytiques chiffrées.
• La maîtrise raisonnée des outils d’IA : Intégrer l’intelligence artificielle pour accélérer les tâches répétitives sans perdre de vue la conception centrée sur l’humain.
Comme vous vous en doutez, au Laptop on a senti le vent venir et depuis cette année nous vous proposons nos formation Agentic Experience Design et Data Driven UX research strategy ainsi qu’un e-learning dédié à l’accessibilité numérique et l’éco-conception.