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Le design(er), acteur de la transition écologique
Photo de Laure Andrivot
Laure Andrivot

En une décennie, j’ai eu la chance d’explorer beaucoup de facettes du design. De formation design produit et mobilier, je suis passée par l’UI par attrait pour le numérique, puis à l’UX avec une démarche de design thinking car j’avais envie de cartographier et améliorer l’expérience utilisateur.  J’ai ensuite étendu mon champ d’intervention au-delà du digital vers le design de service et l’implication citoyenne sur des projets de transformation.

Si ces expériences ont nourri mes compétences, ma vision et ma pratique, elles manquaient souvent d’alignement avec mes convictions écologiques et sociales, alimentant parfois une forme de dissonance. 

 

Comment faire de ma pratique du design un levier de la transition écologique et sociale ?

La transition écologique est complexe : elle connecte le monde scientifique à celui des sciences humaines, mais également les enjeux politiques et économiques. Je me suis souvent demandé ce que le design pouvait apporter à cette problématique si vaste…

Pire, je me rendais compte que la plupart des sujets d’innovation portés par les entreprises que j’accompagnais ne traitaient pas ou peu la dimension écologique : la démarche de design n’avait-elle donc rien à apporter à ces problématiques ?

Convaincue du contraire, j’ai décidé d’engager ma pratique : utiliser les outils du design pour faire converger les démarches d’innovation des organisations et les transformations radicales que les enjeux écologiques imposent. 

 

Animer la fresque du climat pour mieux comprendre

J’ai commencé par me former à l‘animation de la fresque du climat pour mieux comprendre le sujet et le porter auprès de mon écosystème. Animer ce genre d’atelier, c’est aller à la rencontre de personnes et d’organisations différentes, parfois non matures sur ces questions, souvent démunies quant aux actions à mettre en œuvre. 

L’expérience m’a beaucoup appris sur le plan humain et m’a aidée à comprendre pourquoi la transformation à l’échelle individuelle et collective est souvent difficile. Celle-ci ébranle nos affects, nos valeurs, nos habitudes et devient parfois un sujet clivant, avec de nombreux freins.“Pourquoi moi je devrais me priver alors que les Américains font bien pire que moi ?” 

“Dans l’entreprise, on nous demande déjà de faire plus avec moins et là vous m’ajoutez  un sujet en plus, c’est le cadet de mes soucis!

Ce que je retiens de ces animations “immersives”, c’est la nécessité d’un argumentaire fort pour déconstruire certaines croyances qui entretiennent notre inaction. La transition est une zone d’inconfort,  une trajectoire longue, avec des parcours multiples. Ces ateliers sont un moyen de créer une dynamique pour mettre un groupe ou une organisation en capacité de répondre à son échelle à la problématique environnementale.

 

Photographies prise lors d'un atelier fresque du climat

Accompagner les agents et les élus orléanais avec différents ateliers et un stand éco-conçu 

J’ai ainsi participé à l’émergence puis au lancement de l’Embarcadère. Cette École des transitions de la métropole d’Orléans accompagne les agents et élus pour répondre aux défis  climatiques, énergétiques, citoyens, économiques, managériaux… Je suis d’abord intervenue en amont pour cadrer la raison d’être et les enjeux de cette école d’un genre nouveau, lors d’ateliers réunissant les ambassadeurs du projet.

Dans la phase de lancement, je suis revenue aux sources de ma formation :  avec une démarche de sourcing local, j’ai piloté l’éco-conception d’un mobilier présentant l’école et sa démarche de manière interactive et incarnée.  

 

Photographie du stand conçu par Laure Andrivot

Installé sur différents sites de la métropole d’Orléans –  régies déchets, gestion de l’eau, bureaux de la mairie etc. -, ce stand ludique et décalé interpellait les agents et incitait au dialogue. 

Lors de ces opérations de lancement, j’ai aussi proposé et animé une série d’ateliers sur le climat réunissant plus de 250 agents de la métropole : un public hétérogène qui travaille dans les jardins, les déchetteries, au service de l’eau, la petite enfance, les administratifs et les directions des services… Comment transmettre en 1h des clés de lecture des actions portées par la collectivité qui transforment le quotidien des agents ? Comment les inciter à agir ? 

Avec les experts climats et pédagogie de Projet Celsius, nous avons pensé une expérience ludique invitant les participants à classer leurs activités du quotidien des moins émissives aux plus émissives.Savez-vous ce qui émet le moins : un café tous les jours ou une bière par semaine ? Pour connaître la réponse et aller plus loin, rendez-vous sur Carboniq, le jeu conçu par Projet Celsius en lien avec cette animation. 

Je retiens de ce projet la capacité d’un collectif à se mobiliser grâce à des artefacts visuels, interactifs, ludiques et une expérience qui interpelle et favorise le dialogue. La transition est une zone d’inconfort qu’il est nécessaire d’accompagner. Et c’est ici, je pense, que le designer trouve sa place, via une démarche d’exploration et d’innovation capable d’animer l’intelligence collective d’un groupe, de proposer des imaginaires pour sensibiliser ou choquer dans le but de mettre en action. 

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